Archive pour la catégorie ‘Actes photographiques’

Raconter une histoire

Mardi 15 avril 2008

L’expression est plus américaine que française : tell a story. Je l’associe à l’agence Magnum. Elle est en passe de devenir mon leitmotiv. Je veux désormais que chacune de mes photos racontent quelque chose. Ma vision. Pas de salut en dehors d’une idée ou d’une émotion forte. C’est à vous de juger du résultat.

Il se trouve qu’aujourd’hui l’actualité rattrape les photographies prisent lors de mon récent voyage à New York. J’y ai été frappé par la pluralité de la visibilité religieuse. C’est d’ailleurs un peu le fil conducteur inavoué de mon portfolio sur Manhattan.

New York est une véritable mosaïque de religions. Plus de 100 confessions s’y côtoient. Le catholicisme est la religion prépondérante, même si la communauté juive y est la plus importante en dehors d’Israël. Comme ailleurs aux États-Unis, la visibilité de l’islam est un phénomène récent. Il est en bonne partie lié au dynamisme religieux des immigrés.

En 1656, Peter Stuyvesant, protestant et gouverneur de la Nouvelle-Amsterdam, tenta d’imposer l’unité religieuse à la colonie. Par crainte que cela nuise au commerce, la Compagnie néerlandaises des Indes occidentales s’y opposa. Sur fond de 11 septembre et de liberté religieuse, j’ai voulu explorer photographiquement comment y cohabitent aujourd’hui les diverses religions. Ce projet est en cours et j’espère le faire publier d’ici la fin de l’année. Toute aide dans ce sens est bienvenue.

Prédicatrice, New york

Prédicatrice, New York, 2008

Le sujet est-il primordiale ?

Mercredi 2 avril 2008

Faut-il un sujet extraordinaire pour faire une photo formidable ? C’est en gros la question que pose aujourd’hui sur son blog David Alan Harvey. La réponse est ouverte.

Café, Montréal

Café, Montréal

My Asian Heart

Mardi 25 mars 2008

Un lien vers un petit film bouleversant sur l’engagement photographique de Philip Blenkinsop. Entre le statut d’observateur et celui d’acteur, il a choisi, je pense, de ne pas choisir. Exemple à méditer.

Une nouvelle approche

Samedi 22 mars 2008

La coïncidence d’un commentaire par un ami argentin  sur cette photo de Montréal la nuit et la relecture de mon dernier article sur la distance de prédilection a fait naître chez moi une remise en question qui va aboutir, j’en suis sûr, à une nouvelle approche de ma manière de photographier.

Montreal

Montréal, la nuit

L’ami me suggérait de montrer se qui ce passe derrière l’une de ces fenêtres, donc en quelque sorte de me rapprocher. C’est précisément vers où je veux me diriger maintenant. Aller au-delà des lignes, de la composition. Quitter la géométrie pour toucher à l’humain.

Question philosophique: La volonté est-elle plus forte que la personnalité?

La distance de prédilection

Mardi 18 mars 2008

Quelle est la meilleure distance pour photographier? Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Pour ma part, je suis convaincu que la distance que le photographe décide de mettre en lui et son sujet dépend en grande partie de sa propre personnalité.

Gare Windsor - Montréal

Gare Windsor - Montréal

Dans une interview au magazine Réponses Photo (n­uméro 172, juillet 2006), Guy Le Querrec déclare : “Dans l’acte photographique, ce qui compte c’est sa distance de prédilection. Pour moi, elle se situe entre 1,50 m et 2 m.” Il aime être prêt de son sujet, ”sentir l’odeur des gens”.  Sa focale préféré est donc le 35 mm parce qu’elle correspond à sa distance. Elle oblige à être près, mais pas trop, pas autant qu’un 28 mm qui est une focale rentre-dedans.  Je dirais que c’est la distance de prédilection des photographe extravertis comme David Alan Harvey (qu’on peut voir en action dans cette vidéo, un peu longue à télécharger, mais passionnante), qui photographie lui aussi au 35 mm et rarement à plus de 2 m. C’est la distance des photographes qui aiment parler à leur sujet.

Et puis, il y a ceux qui préfèrent être plus loin, comme Henri Cartier-Bresson ou Raymond Depardon, qui travaillent au 50 mm et qui gardent leur distance (en gros, je dirais entre 5 et 10 m). Ils n’ont pas vraiment besoin d’être en relation avec leur sujet pour le photographier. S’il faut qualifier cette distance, je dirais qu’elle est introvertie.

On n’en sort pas, le style, c’est l’homme.